Assurance perte financière en leasing : à quoi elle sert vraiment
Par E-Telligentsia, Éditeur du site. Publié le .
Le scénario est rare, et il est brutal : la voiture que vous louez est volée, ou déclarée économiquement irréparable après un accident. Le contrat de location prend fin. L'assureur verse une indemnité. Et il arrive que cette indemnité ne suffise pas à solder ce que le loueur réclame.
La garantie perte financière — souvent appelée garantie perte financière ou garantie écart — existe pour couvrir précisément cette différence.
D'où vient l'écart
Deux logiques s'opposent, et aucune n'est anormale.
L'assureur indemnise la valeur du véhicule au jour du sinistre. Selon le contrat souscrit, ce peut être la valeur de remplacement à dire d'expert, ou une valeur majorée pendant une période limitée après la mise en circulation.
Le loueur réclame le solde financier du contrat : ce qui reste à amortir du capital qu'il a engagé, augmenté de ce qui est prévu contractuellement en cas de fin anticipée.
Ces deux montants n'ont aucune raison d'être égaux. Dans les premiers mois, le véhicule a perdu une part importante de sa valeur commerciale alors que le contrat n'a remboursé qu'une petite fraction du capital : l'écart est à son maximum. Il se réduit progressivement, et il peut s'annuler avant l'échéance.
Ce que la garantie couvre, et ce qu'elle ne couvre pas
Elle couvre la différence entre l'indemnité versée par l'assureur du véhicule et le montant réclamé par le loueur au titre de la fin anticipée du contrat, dans la limite des conditions du contrat de garantie.
Elle ne couvre généralement pas : la franchise de votre assurance automobile, les loyers impayés antérieurs au sinistre, les pénalités de kilométrage ou les frais de remise en état antérieurs, ni les accessoires non déclarés. Elle ne rembourse pas non plus l'apport versé au départ, sauf clause expresse — et cette clause est rare.
Lire la définition exacte de l'assiette couverte est donc indispensable : « solde financier », « capital restant dû » et « loyers restants » ne recouvrent pas les mêmes montants.
Vérifier si elle est déjà incluse
Trois sources possibles de couverture se chevauchent souvent sans que personne ne le signale.
Le contrat de location lui-même peut inclure la garantie, ou l'imposer sans la fournir. La mention figure dans les conditions générales, au chapitre des obligations d'assurance.
L'assurance automobile souscrite à part peut comporter une option de même nature, parfois sous un autre nom.
Le moyen de paiement ou un contrat d'assurance emprunteur peut, dans certains cas, offrir une couverture partielle.
Payer deux fois la même garantie est fréquent, et ne double évidemment pas l'indemnisation. Un appel à son assureur avant de souscrire l'option proposée par le concessionnaire règle la question en quelques minutes.
Quand elle vaut son prix, et quand elle ne le vaut pas
Elle vaut son prix quand l'écart potentiel est important et que vous ne pourriez pas l'absorber : contrat récent, véhicule cher, apport élevé déjà versé, budget sans réserve. Le cas le plus défavorable est celui d'un locataire ayant versé un apport important sur un véhicule neuf volé dans la première année : l'apport est perdu, et le solde peut excéder l'indemnité.
Elle vaut moins son prix quand le contrat est déjà bien avancé, quand le véhicule est d'un modèle dont la cote d'occasion tient bien, ou quand votre assurance automobile prévoit déjà une indemnisation en valeur d'achat pendant une période couvrant l'essentiel du risque.
Comme toute assurance, elle ne se juge pas à sa probabilité d'emploi mais au montant qu'elle évite de devoir sortir dans le pire cas.
Le rôle de la valeur d'achat majorée
Certaines assurances automobiles proposent, pour un véhicule neuf, une indemnisation en valeur d'achat pendant une durée déterminée après la mise en circulation. Quand cette option existe et que sa durée couvre les premières années du contrat, elle réduit fortement l'écart à combler, donc l'utilité d'une garantie perte financière supplémentaire.
Attention toutefois : indemnisation en valeur d'achat ne signifie pas indemnisation du solde du contrat de location. Si le contrat prévoit des montants qui excèdent le prix d'achat du véhicule, un reliquat subsiste.
Comment la comparer
Trois éléments décident, et ils sont tous écrits : l'assiette couverte, le plafond d'indemnisation, et les exclusions. Le prix vient ensuite.
Une garantie peu chère dont l'assiette exclut les loyers restants ne sert pratiquement à rien dans le scénario qu'on redoute. Une garantie plus coûteuse qui couvre l'intégralité du solde réclamé par le loueur, apport compris, est d'une autre nature.
Demandez aussi la durée : certaines garanties ne couvrent que les premières années du contrat, ce qui est cohérent avec le profil du risque, mais doit être su.
Ce que ce site affiche à ce sujet
Les offres relevées sur les sites des constructeurs publient un loyer, un apport, une durée et un kilométrage. Elles ne publient presque jamais le détail des assurances associées, et quand elles mentionnent une couverture, c'est en termes généraux.
Ce site n'affiche donc aucun prix d'assurance et ne compare aucune garantie : ce serait inventer une donnée qui n'est pas publiée. Ce qu'il affiche, en revanche, est utile pour cadrer la question : le coût total de chaque contrat, qui donne l'ordre de grandeur de l'engagement financier, et l'apport, qui est précisément la part non couverte par la plupart des garanties.
Le cas du véhicule d'occasion et du véhicule électrique
Sur un véhicule d'occasion mis en location, l'écart entre la valeur du bien et le solde du contrat est structurellement plus faible : la dépréciation la plus forte a déjà eu lieu avant la signature. L'utilité de la garantie s'en trouve réduite, sans disparaître.
Sur un véhicule électrique récent, la situation est inverse et mérite attention. La valeur d'occasion de ces modèles a connu des variations rapides, et une indemnisation fondée sur la cote du jour peut s'éloigner sensiblement du solde financier d'un contrat signé dix-huit mois plus tôt. C'est un cas où la lecture de l'assiette couverte vaut vraiment le temps qu'on y passe.
Que faire le jour du sinistre
L'ordre des démarches compte. Déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais du contrat. Informez immédiatement le loueur, par écrit : il est propriétaire du véhicule et il est destinataire de l'indemnité. Demandez-lui le décompte du solde réclamé, chiffré et daté.
Ce décompte est la pièce qui permet de savoir s'il existe un écart, et de l'opposer à la garantie perte financière si elle a été souscrite. Sans lui, aucune discussion n'est possible. Conservez également le rapport de l'expert : c'est lui qui fonde le montant versé par l'assureur, et c'est lui qui se conteste, le cas échéant.
Franchise, vétusté, accessoires : les trois oubliés
Trois postes échappent presque toujours à la garantie perte financière et méritent d'être identifiés avant de considérer le risque comme couvert.
La franchise de l'assurance automobile reste à votre charge : elle est déduite de l'indemnité versée, et elle n'entre pas dans l'assiette de la garantie perte financière, sauf clause contraire.
La vétusté appliquée à certains éléments — pneumatiques, batterie de démarrage, équipements — peut réduire l'indemnisation sans que le solde dû diminue d'autant.
Les accessoires et aménagements ajoutés après la livraison ne sont indemnisés que s'ils ont été déclarés. Un attelage, un coffre de toit ou un aménagement professionnel non déclaré est perdu sans contrepartie.
En résumé
Votre assurance automobile indemnise une voiture ; votre loueur réclame un contrat. Quand les deux montants divergent, la différence est pour vous. La garantie perte financière comble cet écart, maximal dans les premiers mois et décroissant ensuite. Avant de la souscrire, vérifiez qu'elle n'est pas déjà incluse, lisez l'assiette exacte qu'elle couvre, et regardez si votre assurance automobile prévoit déjà une indemnisation en valeur d'achat.
Questions fréquentes
- La garantie perte financière est-elle obligatoire ?
- Elle n'est pas imposée par la loi. En revanche, de nombreux contrats de location l'exigent contractuellement, ou la proposent au moment de la signature. Il faut vérifier si elle est déjà incluse avant d'en souscrire une seconde.
- Mon assurance tous risques ne suffit-elle pas ?
- Elle indemnise la valeur du véhicule au jour du sinistre, pas le solde financier du contrat de location. Quand le second dépasse la première, la différence reste due par le locataire : c'est exactement l'écart que couvre la garantie perte financière.
- Cette garantie sert-elle encore en fin de contrat ?
- Beaucoup moins. L'écart entre la valeur du véhicule et le solde du contrat est maximal dans les premiers mois et se réduit ensuite. Sur la dernière année, l'utilité de la garantie est souvent marginale.