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Leasing ou achat : comment comparer sans se tromper de calcul

Par E-Telligentsia, Éditeur du site. Publié le .

La comparaison entre louer et acheter est faussée d'entrée quand on met côte à côte une mensualité de location et une mensualité de crédit. Les deux paient des choses différentes. Une mensualité de crédit rembourse un capital : à la fin, vous détenez un bien qui a une valeur. Un loyer de location paie l'usage du bien pendant une période : à la fin, vous ne détenez rien, mais vous n'avez pas non plus supporté le risque de revente.

Une comparaison honnête part donc d'une autre question : combien de temps allez-vous garder cette voiture ?

Le seul coût qui compte : la dépréciation plus le financement

Sur une période donnée, posséder une voiture coûte grosso modo deux choses. La première est la dépréciation : la différence entre ce que la voiture vaut au début et ce qu'elle vaut à la fin. C'est un coût réel même si personne ne le facture ; il se constate le jour de la revente. La seconde est le coût du capital : l'argent immobilisé dans la voiture ne travaille pas ailleurs, et s'il a été emprunté, il coûte des intérêts.

Un loyer de location facture exactement ces deux postes, plus la marge du loueur et les services inclus. C'est pourquoi, sur une durée courte, louer et acheter se valent souvent : les deux financent la même dépréciation. L'écart se creuse dans les deux sens selon la durée de détention.

Là où l'achat gagne : la durée longue

Une voiture achetée et gardée longtemps devient de moins en moins chère à l'usage. Passé le gros de la dépréciation — les premières années sont les plus coûteuses — le véhicule continue de servir sans plus rien coûter en capital. Quelqu'un qui garde ses voitures huit, dix ou douze ans paiera presque toujours moins cher en achetant, même en tenant compte de l'entretien qui augmente avec l'âge.

L'achat a un autre avantage : la liberté. Pas de kilométrage contractuel, pas d'état de restitution, pas de pénalité si la vie change. On peut revendre quand on veut, y compris à perte, ce qui reste une décision libre.

Là où la location gagne : le renouvellement régulier et la prévisibilité

Quelqu'un qui change de voiture tous les trois ou quatre ans supporte, en achetant, la partie la plus coûteuse de la dépréciation à chaque cycle, et il supporte aussi le risque de revente : la cote au moment où il revend, il ne la choisit pas. La location transfère ce risque au loueur, qui l'a estimé à l'avance et l'a intégré au loyer. Si le marché de l'occasion s'effondre pendant le contrat, le locataire n'en subit pas les conséquences ; s'il s'envole, il n'en profite pas non plus, sauf en LOA où lever l'option devient intéressant.

La location apporte aussi une prévisibilité budgétaire, à condition que le contrat inclue l'entretien. Un budget mensuel connu à l'avance, sans réparation surprise, a une valeur pour un foyer comme pour une entreprise, même si elle ne se lit pas dans un tableau de coûts.

Le piège de la valeur résiduelle oubliée

L'erreur la plus fréquente, en défaveur de l'achat, consiste à comparer le coût total d'un leasing sur trois ans au coût total d'un crédit sur trois ans en oubliant qu'à la fin du crédit, la voiture vous appartient. Cette voiture vaut quelque chose. Pour comparer, il faut retrancher cette valeur estimée du coût de l'achat.

L'erreur symétrique, en défaveur de la location, consiste à compter le loyer comme de l'argent jeté. Ce n'est pas plus vrai : le loyer paie une dépréciation que l'acheteur paie aussi, simplement de façon invisible jusqu'au jour de la revente.

Une méthode en quatre lignes

Pour un même véhicule et une même durée :

  1. Coût de la location = loyer × durée + apport + frais de fin de contrat raisonnablement anticipés.
  2. Coût de l'achat = prix payé + intérêts éventuels − valeur estimée de revente à la même échéance.
  3. Ajoutez de chaque côté ce qui n'est pas inclus : entretien, pneumatiques, assurance. Ces postes sont souvent dans le loyer et rarement dans le prix d'achat.
  4. Comparez les deux totaux, et seulement ensuite les mensualités.

Les trois premières lignes se remplissent avec des montants publiés, sauf la valeur de revente, qui est une estimation. C'est pour cette raison que ce site n'affiche aucun coût d'achat comparé : la valeur résiduelle d'un véhicule dans trois ans n'est publiée nulle part, et un comparateur qui la fabrique fabrique tout le reste.

Ce que ce site permet de faire, concrètement

Les pages de modèle affichent, pour chaque offre relevée, le loyer publié, le premier loyer majoré, la durée, le kilométrage contractuel, le loyer lissé et le coût total sur toute la durée. Ce coût total est la première ligne de la méthode ci-dessus, calculée sans aucune hypothèse : loyer multiplié par la durée, plus l'apport. Il suffit ensuite d'y ajouter ce que le contrat n'inclut pas et de mettre en face le prix d'achat du même véhicule, diminué de ce que vous pensez pouvoir en tirer à l'échéance.

Le résultat dépendra très largement de cette dernière estimation, et c'est normal : c'est elle qui sépare vraiment les deux formules. Plus vous gardez la voiture longtemps, plus elle joue en faveur de l'achat ; plus vous changez souvent, plus elle joue en faveur de la location.

Les frais que l'on oublie des deux côtés

Une comparaison sérieuse n'oublie pas les frais périphériques, qui ne sont pas les mêmes selon la formule.

Du côté de la location : les frais de dossier à la mise en place, la carte grise quand elle n'est pas incluse, le coût de la garantie perte financière si elle est souscrite, les pénalités éventuelles de dépassement de kilométrage et les remises en état facturées à la restitution. Aucun de ces postes n'apparaît dans la mensualité mise en avant, et deux d'entre eux ne se connaissent qu'à la fin.

Du côté de l'achat : la carte grise, l'entretien complet à votre charge dès la première visite, les pneumatiques, l'éventuelle extension de garantie, et le coût de la revente elle-même — temps passé, annonce, risque d'impayé, ou décote supplémentaire si vous passez par un professionnel pour aller plus vite.

Ces postes ne changent pas le sens de la comparaison, mais ils en déplacent le seuil. Une location dont l'entretien est inclus absorbe des dépenses que l'acheteur paiera séparément ; à l'inverse, un acheteur qui garde sa voiture longtemps étale ces mêmes dépenses sur beaucoup plus d'années.

Le cas particulier du véhicule électrique

La comparaison change de nature sur un véhicule électrique, pour une raison simple : la valeur de revente à trois ou quatre ans y est beaucoup plus incertaine qu'ailleurs. Les gammes se renouvellent vite, l'autonomie progresse, et les aides publiques déplacent le prix du neuf, donc celui de l'occasion.

Qui achète supporte cette incertitude en entier. Qui loue la transfère au loueur, qui l'a chiffrée à sa façon au moment de fixer le loyer. C'est probablement le cas où la location est la plus défendable pour un particulier, indépendamment de tout calcul de mensualité — non parce qu'elle est moins chère, mais parce qu'elle achète une certitude là où l'achat en offre très peu.

En résumé

Ne comparez pas deux mensualités. Comparez deux coûts totaux sur la même durée, en tenant compte de ce que vous détenez à la fin dans un cas et pas dans l'autre. Si vous gardez vos voitures longtemps, l'achat gagne presque toujours. Si vous en changez tous les trois ans, la location transfère un risque que vous supporteriez autrement, et l'écart se réduit jusqu'à s'inverser.

Questions fréquentes

Le leasing revient-il toujours plus cher que l'achat ?
Non, et la question n'a pas de réponse générale : tout dépend de la durée de détention. Sur trois ans, la location et l'achat financent la même dépréciation ; sur douze ans, l'achat l'emporte presque toujours parce que le véhicule continue de servir après avoir été payé.
Faut-il comparer la mensualité de leasing à celle d'un crédit auto ?
Non. La mensualité d'un crédit rembourse un capital que vous conservez sous forme de voiture, celle d'une location paie un usage. Les deux ne recouvrent pas la même chose : la comparaison honnête porte sur le coût total sur une durée donnée, valeur résiduelle comprise.
Que devient l'apport versé en leasing si la voiture est volée ou détruite ?
Le premier loyer majoré est consommé par le contrat : il n'est pas remboursé au prorata en cas de sinistre total. C'est précisément le risque que couvre une garantie perte financière, qui se souscrit séparément.

Sources

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